La route monte, tourne deux fois, et la mer arrive d'un coup — cent quatre-vingts degrés de baie ouverte, la tour génoise d'Omigna sur la gauche, le Capo Rosso au fond. C'est la première chose que voient les invités en arrivant. C'est presque toujours la dernière dont ils parlent en repartant.
La Thébaïde n'est pas un hôtel et ne cherche pas à en avoir les manières. C'est une maison. On y arrive à huit, à douze, à dix-huit, et chacun y trouve sa porte à fermer.
Le village tient sur un éperon, entre mer et maquis. Deux églises s'y font face depuis le XIXe siècle : l'une de rite latin, l'autre de rite grec-catholique. C'est l'héritage des huit cents Grecs de Vitylo, dans le Magne, débarqués en Corse en 1676 pour fuir l'Empire ottoman. Chassés une première fois, ils ne s'installèrent ici qu'en 1776.
Cargèse fête donc cette année un double anniversaire : trois cent cinquante ans de présence grecque en Corse, deux cent cinquante ans de village. Les commémorations s'étalent sur toute la saison.
Le reste de l'année, on y flâne sans but. Le tourisme y est resté mesuré, presque discret. On descend à la plage du Peru le matin, on remonte déjeuner, on ne croise pas grand monde.
Elle date de 1970. Un architecte l'avait posée là, plein ouest, pour prendre le couchant de face — le geste juste, à une époque où l'on construisait encore en regardant le terrain.
Elle a été entièrement réhabilitée depuis, avec des matériaux qui vieillissent bien : pierre, bois, chaux. Le parti pris est resté le même. Peu de cloisons, beaucoup d'ouvertures, et la vue partout.
Ce qui la rend rare tient en une phrase : on peut y être dix-huit sans jamais se croiser. Sept suites indépendantes de deux personnes, chacune avec sa salle de bain, plus une chambre d'enfants à deux lits superposés — et vingt en dépliant le canapé-lit du family room. Plusieurs terrasses, plusieurs salons, plusieurs manières de s'isoler.
« Chaque pièce a sa propre âme, chaque chambre est une véritable suite. » Alexandra de R.
La lumière arrive par l'est, sur la petite terrasse du haut. C'est le seul moment où la maison est silencieuse. Le café se prend là, avant que quiconque ne descende.
La piscine est chauffée à vingt-huit degrés toute l'année — sauf en été, où le soleil s'en charge. Elle regarde la mer, ce qui est une chose que peu de piscines savent faire. Les transats suivent l'ombre des oliviers.
La cuisine est grande, très équipée, et ouverte sur la vue — assez vaste pour que trois personnes y travaillent sans se gêner. Le barbecue est juste à côté. On mange dehors, évidemment.
Le boulodrome, à l'ombre. C'est le détail dont personne ne parle avant de venir et dont tout le monde parle après. Le bar de la piscine ouvre à peu près au même moment.
Le couchant tombe droit dans la baie. La grande terrasse devient le cœur de la maison sans que personne ne l'ait décidé — c'est chaque soir la même migration.
Le salon a une cheminée, et une vue panoramique qui tient même dans le noir. Hors saison, c'est cette pièce-là qui fait revenir les gens en novembre.





« Nous y avons séjourné à presque vingt et jamais nous n'avons ressenti la présence des autres. Piscine, terrasse, boulodrome, cuisine, bar : autant de moments de partage que de tranquillité. »
« Première fois que je me retrouve dans une maison que je feuillette d'habitude sur le papier glacé des magazines. Quinze jours à vingt, et pourtant j'ai pu me ressourcer en gardant mon indépendance. »
« La vue est à couper le souffle, les couchers de soleil incroyables. Chaque suite est indépendante, parfaitement équipée — un confort rare et précieux quand on vient en famille ou entre amis. »
« Un nouveau tableau chaque jour selon les caprices de la météo. Même sous la tempête, le charme était au rendez-vous. Bref : luxe, calme et volupté. »