La Thébaïde
Cargèse · Corse
Les deux églises de Cargèse, la latine au premier plan et la grecque au fond

Un village grec,posé sur la Corse.

Photo Sy.forester · CC BY-SA 3.0

Deux églises se font face au-dessus d'un vallon. L'une est latine, l'autre grecque. Elles se regardent depuis le XIXe siècle et racontent, à elles seules, toute l'histoire du village — celle d'une communauté venue du Péloponnèse qui a fini par devenir corse sans cesser d'être grecque.

C'est ce qui distingue Cargèse de tous les villages de la côte ouest. On y vient pour les plages et l'on y reste pour cette étrangeté douce : une liturgie byzantine à cent mètres d'une messe romaine, des patronymes helléniques sur les boîtes aux lettres, et un maquis qui sent exactement comme partout ailleurs en Corse.

L'histoire

Trois cent cinquante ans
pour arriver ici

En 1676, environ huit cents Grecs de Vitylo, dans le Magne, fuient la domination ottomane et débarquent en Corse. Gênes, alors maîtresse de l'île, leur accorde des terres à Paomia, à quelques kilomètres d'ici.

En 1731, les insulaires les chassent : on leur reproche leur alliance avec Gênes. Ils s'exilent à Ajaccio pendant quarante-cinq ans.

Ce n'est qu'en 1776, à l'initiative du comte de Marbeuf, gouverneur de l'île, que le village de Cargèse est bâti pour les accueillir. Les deux églises viendront au siècle suivant : une catholique de rite latin, une de rite grec-catholique — les Grecs ayant été autorisés à garder leurs traditions byzantines en reconnaissant l'autorité du pape.

2026 est donc une année double : trois cent cinquante ans depuis le débarquement, deux cent cinquante depuis la fondation du village. Les commémorations s'étalent sur toute la saison.

Les plages

Trois sables,
trois humeurs

Le Peru, juste en contrebas

C'est la plage de la maison, au fond de son golfe. On y descend le matin, on remonte déjeuner. Eaux limpides, fréquentation mesurée même en août.

Chiuni, pour la journée entière

Vaste, bordée de sable, idéale en famille — c'est celle où l'on emmène les enfants et où l'on installe le campement pour la journée. Le coucher de soleil sur la baie y est réputé.

Menasina et les criques

Plus discrète, appréciée pour ses eaux claires et pour ses couchers de soleil — c'est de ce côté que le ciel s'embrase le mieux. Au-delà, la côte se creuse de petites criques accessibles à pied ou en bateau, où l'on se retrouve parfois seul.

Marcher

Le granit rouge,
à portée de matinée

Le Capo Rosso

Le promontoire de granit rouge au sud du golfe de Porto. Le sentier grimpe jusqu'à la tour génoise de Turghju, à plus de trois cents mètres au-dessus des flots. Comptez deux heures aller-retour, chemin caillouteux mais balisé.

Les calanques de Piana

À une trentaine de minutes au nord. Des aiguilles de granit plongeant à pic dans la mer, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le chemin des Muletiers et le sentier de la Châtaigneraie les traversent.

Scandola et Girolata

La réserve naturelle et le golfe voisin, accessibles en bateau depuis le port. C'est l'excursion d'une journée que tout le monde fait une fois — et qui vaut le détour.

La baie de Cargèse et le Capo Rosso, vus depuis La Thébaïde
La baie, la tour d'Omigna et le Capo Rosso, depuis la terrasse

Le marché du matin est le rendez-vous à ne pas manquer : charcuterie corse, fromages de brebis et de chèvre, miel du maquis, légumes de saison. De quoi composer un déjeuner de villa sans passer par la case supermarché.

Pour le reste, le village se suffit à lui-même — deux boulangeries-pâtisseries, deux boucheries-charcuteries, une épicerie, une supérette et un supermarché. On n'a jamais besoin de redescendre sur Sagone ou Ajaccio pour un oubli.

Le port de plaisance ferme le tableau, avec ses cafés en terrasse face à la mer. Le tourisme y est resté mesuré : on flâne dans les ruelles sans but, on contemple les deux églises, on ne croise pas grand monde.

Au quotidien

Le marché,
le port, les ruelles

Faire les courses

Spar — place Saint-Jean. Le plus complet du village, ouvert tous les jours de 7 h à 19 h. Suffisant pour ravitailler une tablée de dix-huit.

Le pain du matin

L'Atelier des Saveurs — rue de la République. Boulangerie-pâtisserie, du lundi au samedi de 6 h 30 à 20 h, le dimanche jusqu'à 13 h 30.

Le reste

Deux boucheries-charcuteries et une épicerie complètent le village. Les producteurs du marché fournissent le meilleur de la charcuterie et des fromages.

Les horaires varient entre la saison et l'hiver : mieux vaut les vérifier sur place le jour de votre arrivée.

Les tables

Nos adresses,
celles qu'on donne aux amis

Au village

Le Casabianca

Cuisine corse raffinée et ambiance conviviale, au cœur du village. Une carte inspirée du terroir, une belle sélection de vins de l'île, et une terrasse particulièrement agréable les soirs d'été.

Traditionnel

U Rasaghiu

L'adresse emblématique, appréciée des visiteurs comme des habitants. Charcuterie artisanale, plats traditionnels, recettes familiales. La cuisine corse dans sa simplicité et sa générosité.

Les pieds dans le sable

La Paillote de Chiuni

Déjeuner ou dîner face à la mer, sur l'une des plus belles plages de la région. Poissons grillés, fruits de mer, cuisine méditerranéenne. Le coucher de soleil sur la baie fait partie du menu.

Y venir, s'y déplacer
Depuis Ajaccio
Aéroport Napoléon-Bonaparte
Environ une heure de route
Les calanques de Piana
Une trentaine de minutes
vers le nord
Les plages
Le Peru, en contrebas
Chiuni, Menasina
Criques accessibles à pied
Sur place
Marché le matin
Spar, place Saint-Jean
Boulangeries, boucheries
Port de plaisance
Pour aller plus loin

Nos guides
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Une semaine ici

Notre itinéraire jour par jour — sept jours à Cargèse, entre plages, village, Piana et farniente.

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Où manger

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Le village est là,
la maison le regarde.

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